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ma mémoire ne regarde que moi, mes contemplations oisives sont d’un bien meilleur intérêt…

 

 

 

 

 

 

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Samedi 2 septembre 2006 6 02 /09 /Sep /2006 16:38

  La marche nonchalante dans  ma rue du gros horloge, je promène mes états d’âmes dans le cœur incontesté de la cité.  Ma rue !  Comme si ces vitrines, ces colombages et ces pavés m’appartenaient ! Non !  Pas à moi, à mon souvenir. Rouen est une ville mémoire, Par essence même car c’est une ville d’histoire. Héritage de nos ancêtres gallo-romains, Rotomagus enrichie au fil des  siècles me livre aujourd’hui ce qu’elle a de plus merveilleux : ses souvenirs et les miens. Piégé sous une pluie torrentielle, je m’abrite sous le auvent du Roy Harold et contemple les rares téméraires défier l’ondée, baignés de lumière commerçante. Que devient mon amour pour Rouen sans cette lumière propre à ma mélancolie ? Une lumière d’automne lavée par les premières pluies de saison, une lumière horizontale, artificielle sous le ciel menaçant, sombre et chargé… C’est finalement au plus terne de cette saison que la rue nous révèle ses plus belles couleurs et mes plus doux sentiments : amour passionné et camaïeu de gris… La rue du gros c’est le mariage parfais du bois et de la pierre, bois de colombage et pierre des bâtiments  haussmanniens. La rue du gros c’est un peu l’alsace normande. Les bois de façade multicolores essais fièrement de tromper la grisaille éternelle et les enseignes commerciales en fer forgé participent parfaitement a l’illusion médiévale. Puis lorsque le soleil vient furtivement déposer sa douceur au creux de  la ville, les pavés deviennent soudain amoureux, piétinés main dans la main et enterrant les vies de jeunes hommes et de jeunes femmes. Qu’il est bon ce petit café au  crépuscule,  un café pris sur le pouce, plus une excuse pour rêvasser à la terrasse d’un bistrot qu’une réelle envie de déguster l’âpre nectar. A l’heure ou la rue s’éveille, les pas sont plus sereins, plus détendus! La voie, soudain plus large nous appartient tout entière et c’est alors trop d’espace. Tellement trop que les murs nous attirent comme des aimants. On les frôle alors, évitant soigneusement le centre du pavé.

Par william - Publié dans : rouennaises
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