Tant espérée et pourtant redoutée, voici une véritable saison. On l’a rêvée et aujourd’hui ça nous parait trop chaud, trop lourd. Je me suis recouché cet après-midi car mes nuits ne me suffisent plus, sommeil fiévreux et repos infernal ! Et ça dure ! Malgré les ondées sporadiques et orageuses qui rafraîchissent furtivement nos songes, le temps d’un éclair … puis cette chaleur qui se pose à nouveau sur nos rêves suintants, s’impose toujours à nos nuits moites et agitées. On souffre mais qu’il est bon ce mois de juillet caniculaire… enfin je me suis relevé, je suis sorti pour affronter la persécution, ne plus subir… et le soleil encore… une terrasse… une bière à la pression… vautré, avachi, répandu au milieu de cette foule poussive, Je suis l’immobilité perdue dans la contemplation de l’effervescence urbaine. Je suis le centre figé d’un organisme en ébullition. Il fait chaud…
Je ferme les yeux et j’écoute le brouhaha incessant et les bribes de conversations anonymes, comme un écho lointain à ma propre existence et je m’enfonce dans mes pensées intimes. Un monde parallèle au monde, intouchable, inimaginable… j’en reviens d’une humeur versatile. Dois je rester à ma béatitude livré ? Non ! Je me lève et m’égare au hasard des rues cherchant la fraîcheur des ruelles ombragées mais ne trouvant que l’étouffante atmosphère des foules rampantes et des soldes caniculaires...
